Le groupe anarchiste des Bons-Enfants a choisi de projeter une série de films pour ouvrir la discussion tou.te.s ensemble sur les luttes armées. Ces diffusions, mais surtout les débats qui en suivent, sont organisées pour permettre une auto-formation grâce à l’échange de connaissances entre tou.te.s celles et ceux qui assistent aux événements, mais aussi pour développer collectivement une réflexion sur les influences qu’ont pu avoir les luttes armées dans la population ainsi que dans les milieux d’extrême-gauche.

Le groupe a décidé de diffuser des documentaires sur des organisations d’extrême gauche, pas nécessairement anarchistes : le groupe ne s’en cache pas, cette série de projections ne vise pas à s’axer autour de la lutte armée pratiquée uniquement par les libertaires.

Nous ne pensons pas que l’anarchisme soit un courant pur et suffisant à lui-même, nous pensons que de nombreuses expériences et formes de luttes ont eu lieu et ont été développées par d’autres composantes de la grande famille des groupes révolutionnaires, et que l’expérience, partout où elle se trouve, est bonne à prendre. Nous savons que les personnes présentes aux projections ainsi que les membres du groupe sont parfaitement capables de développer un regard critique sur l’histoire et les actions des organisations ayant eu recours à la lutte armée afin de nourrir notre réflexion anti-autoritaire.

A l’heure où il est évident que l’Etat réprimera violemment toute tentative de renversement de l’ordre établi et qu’une auto-défense populaire adéquate pourrait avoir lieu, alors que l’Etat déploit déjà à chaque instant sa violence via l’armée et la police pour maintenir sa puissance et le capitalisme, il nous semble essentiel de porter une réflexion collective sur la violence politique, son utilisation et ses limites. Nous ne prônons pas de prendre les armes ici et maintenant, ni même que c’est une finalité en soi, mais nous pensons qu’en tant que révolutionnaires, nous devrions garder à l’esprit que la lutte arme à la main est une composante, parmi d’autres, du combat contre le Capital et l’Etat et qu’elle nécessite de ce fait d’être connue et analysée.

Dans cette réflexion, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de filtrer nos sources uniquement parce que les acteurs et actrices de ces luttes étaient trop autoritaires, pas assez libertaires, avaient un financement douteux ou des origines politiques bancales. Il y a tout au contraire une volonté du groupe, pour enrichir nos discussions, d’aborder très largement toutes les formes qu’ont pu et peuvent prendre les luttes armées menées par les mouvements révolutionnaires partout dans le monde : qu’elles soient menées dans les villes européennes, dans les montagnes kurdes ou dans les forêts indiennes.

Nous sommes pleinement ouvert.e.s à la critique et à la proposition d’autres documentaires ou films à projeter pouvant ouvrir le débat. Notamment si certain.e.s camarades veulent nous voir recentrer le sujet sur des groupes plus libertaires que ceux que nous diffusons.

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