La tuerie d’Orlando, il y a quelques jours dans un bar gay a saisi d’effroi une grande partie de la population. Nous voudrions tout d’abord témoigner notre profond soutien à l’entourage des victimes de cette tuerie. Mais ce que nous voudrions aborder aujourd’hui, c’est le traitement médiatique de ce drame. Outre les récupérations politiques, la façon dont ces événements sont présentés dans les médias révèle un problème plus profond.

Dans les titres des articles (des médias Européens comme Américains) sont mentionnés l’identité du tueur, ses rapports à l’État Islamique… Mais très peu de mention de la cible du massacre.
Pourtant cette information n’est pas anodine, ces gens n’ont pas été assassinés aléatoirement, mais bien à cause de leurs identités. Ici, ces identités sont invisibilisées, et par la même occasion la portée homophobe de ce crime.
Mais il est plus utile au pouvoir de mettre l’accent sur l’islamisme radical, renforçant ainsi le sentiment d’insécurité des personnes « normales » face aux personnes musulmanes, appuyant ainsi la pseudo légitimité de mesures sécuritaires comme l’État d’Urgence. Mais pas d’amalgames, s’il vous plaît.

Ça aurait été naïf d’attendre de nos politiques, ou nos médias, que dans leurs grands discours, ils s’emploient à rappeler que le patriarcat reste et restera toujours à combattre qu’il est la raison d’attaques commises tous les jours, que ces attaques soient discrètes, ou sanglantes, médiatisées, ou pas…

Car oui, de même que la Gay Pride à la base, les luttes LGBT+ sont bien politiques. Nous clamerons tous les jours, haut et fort, notre détermination à lutter pour détruire les systèmes qui nous oppressent. Car quand des gens sont en dépression, en échec scolaire, poussé.es au suicide, ou assassiné.es ,on ne parle plus de « petites vexations contre lesquelles il faut passer outre pour plutôt aller plaider pour les droit des gays en Arabie Saoudite » (oui oui on m’a sorti ça ce matin), on parle bien d’un problème d’oppression systémique, constamment nié par l’opinion publique, malgré le nombre croissant de ses victimes.

Le taux de suicide chez les personnes LGBT+ est 4 fois plus élevé que la moyenne.
En France, de 2012 à 2013, le nombre d’agressions physiques rapportées a doublé pour atteindre 188 cas, à peu près une tous les deux jours.
Aux Etats Unis entre 2013 et 2014, on recense plus de 594 personnes LGBT assassinées à cause de leur identités.

Aujourd’hui j’ai envie de taguer sur les vitrines de Bagelstein :
« Vous voyez ; l’homophobie tue. Et c’est pas des blagues. #Orlando. »

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