« L’obligation faite à l’humain de dominer la nature découle directement de la domination de l’humain sur l’humain. »
Murray Bookchin

La zone humide de Notre-Dame-des-Landes est un site d’un intérêt écologique de première importance. Elle représente l’une des dernières portions de bocage humide d’Europe. Sa destruction entraînerait une perte terrible en terme de biodiversité, aussi bien sur place que dans d’autres zones humides proches : au lac de Grand-Lieu d’abord, deuxième réserve ornithologique de France, qui sera impacté par le déplacement de l’aéroport, notamment car les anciens périmètres anti-bruit de l’actuel aéroport proche du lac seront livrés à la spéculation immobilière, dans l’estuaire de la Loire ensuite, avec la destruction programmée de la zone humide proche du Carnet qui sera provoquée par le nouveau franchissement de la Loire qu’induira le nouvel aéroport.

À Notre-Dame-des-Landes, où près de 2000 espèces faunistiques et floristiques ont été inventoriées et où s’expérimentent des pratiques de réappropriation des pratiques agricoles et de vie en communauté, se met qui plus est en place un modèle qui, en créant la rupture avec la destruction de la biodiversité induite par les principes même du capitalisme, incarne une alternative anarchiste au système actuel.

Aussi c’est bien à deux titres, que toute personne désireuse de protéger ce qui peut encore l’être du point de vue environnemental se doit de prendre parti du côté de celles et ceux qui luttent pied à pied contre le projet d’aéroport : en protégeant des zones naturelles d’une extrême importance écologique et en soutenant des principes d’organisation communistes seuls à même de concilier activité humaine et préservation de la biodiversité.

Doit-on encore rappeler qu’une centaine d’espèces disparaissent à tout jamais de la surface de la Terre chaque jour ? Que la Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages depuis 1980 ? Que le capitalisme et le nationalisme détruisent chaque jour la vie de centaines de milliers de personnes jetées sur les routes, emprisonnées, torturées, tuées à la tâche ou immolées sur l’autel du profit ?

Qu’on se le dise une bonne fois pour toute : il ne peut y avoir de conciliation entre l’écologie et le capitalisme, comme il ne peut y avoir de conciliation entre le bonheur des peuples et ce même capitalisme. Le seul moyen de sauver ce qui peut encore l’être et de rendre notre planète vivable à tou-te-s celles et ceux qui souffrent est de détruire la logique de mort qui sous tend la place chaque jour plus grande prise par le Capital sur la vie des Hommes. Le capitalisme est un système qui s’appuie sur la propriété privée et la recherche du profit maximum et il ne pourra jamais y avoir de conciliation entre ces logiques et la vie sur Terre, que ce soit celle des Hommes, ou celle des autres espèces.

Alors arrêtons de croire aux mensonges des écologistes du Capital, aux valets du pouvoir, ministres de « l’écologie » et partis « verts » en tête qui veulent nous faire croire que la catastrophe est évitable sans un changement radical : il n’y a pas d’autre alternative que de prendre nos affaires en mains et d’en finir avec ceux qui détruisent toute vie sur Terre pour assurer la reproduction du système.

Voilà pourquoi il faut soutenir les expériences menées sur la zone de Notre-Dame-des-Landes, voilà pourquoi il faut s’opposer de toutes les manières possibles à ce projet. Il est grand temps d’inverser la vapeur face à la barbarie apolitique dans laquelle notre Monde a sombré depuis la fin des luttes sociales et écologistes des années 1960 et 1970 : il nous faut créer un horizon communiste anarchiste vers lequel pourront converger tou-te-s celles et ceux qui veulent en finir avec l’horreur du capitalisme et son cortège de misères et de destructions humaines et environnementales. Chacun-e aura une place à prendre dans la société que nous appelons de nos vœux.

Défendons la ZAD et notre environnement face au capitalisme et aux gouvernements !
Défendons la biodiversité et la communauté humaine pour réconcilier l’Homme avec lui-même et avec la Nature !

L’aéroport ne se fera pas ! La ZAD vivra !

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