(On s’excuse d’avance pour le lien d’un journal de merde)
http://www.lefigaro.fr/automobile/2016/05/30/30002-20160530ARTFIG00230-vers-un-controle-permanent-de-la-vitesse-des-automobilistes.php

Le projet de loi de «modernisation de la justice au XXIe siècle» prévoit la surveillance généralisée des véhicules de l’ensemble de la population, sans aucune difficulté. La technologie qui nous a toujours été vendue comme « à notre service » se retourne aujourd’hui contre nous et permet de placer un flic (voire même mieux, un Manuel Valls) à côté de chaque conducteur à chaque instant de sa vie. Et que devons-nous penser alors du fait que les autorités veuillent le retour de la délation systématique, les entreprises privées devant signaler systématiquement les infractions qu’elles constatent en ayant accès aux véhicules de leurs clients ?
Quelle est la prochaine étape ? La communication en direct entre nos véhicules et les tribunaux ?

Cette mesure soulève d’autant plus un point qui n’est pas révélé par Le Figaro : pour pouvoir connaître une infraction au Code de la route, les informations de vitesse doivent nécessairement être liées à une géolocalisation ultra-précise du véhicule pour connaître les limitations sur les lieux de circulation. Après nos smartphones qui nous suivaient déjà partout, après Facebook et Google qui commercialisent nos envies, nos goûts et nos désirs, voici maintenant que nos moyens de transport sont tous suivis à la trace et surveillés à la loupe à longueur de journée.

Concomitance de 2 faits majeurs dans notre société ?

La technologie nous entoure de plus en plus, quoique nous puissions y faire.
Ted Kaczynski écrivait : « Une avancée technologique qui apparaît à première vue comme ne présentant pas de danger pour la liberté se révèle souvent très menaçante au bout d’un certain temps. […] Quand un nouvel artefact technologique est introduit en tant qu’option qu’un individu peut refuser ou accepter, il ne RESTE pas souvent optionnel. Dans la majorité des cas, la nouvelle technologie change la société de telle façon que les gens se trouvent CONTRAINTS de l’utiliser »
L’électronisation et l’informatisation de nos moyens de transport se sont imposées, presque comme une évidence contre laquelle nous sommes totalement impuissant-e-s. Notre savoir-faire nous a été retiré alors que nous nous retrouvons de plus en plus dans l’impossibilité de réparer nous-même les outils qui nous entourent. La technologie se développe par la force et développe son inhérente hiérarchisation des rapports entre individus. Une véritable technocratie subtilise le savoir vital, nous rend dépendante d’elle-même en nous infantilisant toujours plus, tout ça au nom de toujours plus de « facilité dans la vie » et toujours plus de « sécurité ».
Nous ne pouvons ignorer ce phénomène de hiérarchisation technologique de la société en tant qu’anti-autoritaires, que nous devons combattre vigoureusement. Notre révolution anarchiste ne saura que s’accompagner de la déconstruction des rapports de pouvoir orchestrés par la confiscation de la connaissance par des élites technocratiques.

Au-delà de la technologie, le gouvernement et la bourgeoisie lancent une grande offensive autoritaire et sécuritaire pour contrôler chaque aspect de notre vie. Après nous avoir vendu pendant des années le mythe démocratique, nous entrons toujours de plus en plus dans une Post-Démocratie, où même la bourgeoisie renie son idéal démocratique. Nous entrons définitivement dans le totalitarisme démocratique. Etat d’urgence, loi sur le renseignement… Tout est bon pour maintenir sous surveillance constante la population, prompte à troquer toujours plus de liberté contre une soi-disant sécurité. Le gouvernement continue à surfer sur l’émotion instrumentalisée des attentats qui ont marqué la France récemment et sur la peur de l’Islam takfiriste et de « la guerre » qui « nous » confronterait à l’État islamique.

L’État d’urgence s’étend, la répression marque nos corps dans un silence consternant de la population soutenant la violence de l’État pour une grande partie, le gouvernement déploie des moyens de surveillance toujours plus grands et la bourgeoisie impose à coup de 49.3 et de LBD ses aspirations libérales.

Contre la technologie totalitarisante, contre la bourgeoisie dominante et contre l’État répressif, la révolution anti-autoritaire et anarchiste est plus que jamais nécessaire.

Publicités